Roomful of Teeth
21 Nov.'24
- 20:00
Henry Le Boeuf Hall

Caroline Shaw (°1982)
The Isle
Partita for 8 Voices
I. Allemande
II. Sarabande
III. Courante
IV. Passacaglia
William Brittelle (°1977)
Psychedelics
I. Deep Blue (You Beat Me)
II. I am the Watchtower
III. My Apothecary Light
The Isle - Caroline Shaw
Ariel:
Come unto these yellow sands,
And then take hands:
Curtsied when you have, and kissed
The wild waves whist,
Foot it featly here, and there, and sweet sprites bear
the burden.
[Burden dispersedly, within]
Hark, hark, bow wow: the watchdogs bark, bow wow.
[Burden dispersedly, within]
Hark, hark, I hear, the strain of strutting Chanticleer
Cry cock-a-diddle-dow.
Full fathom five thy father lies,
Of his bones are coral made:
Those are pearls that were his eyes,
Nothing of him that doth fade,
But doth suffer a sea change
Into something rich and strange:
Sea nymphs hourly ring his knell.
[Burden: ding dong.]
Hark now I hear them, ding dong bell.
Caliban:
Be not afeard. The isle is full of noises,
Sounds and sweet airs that give delight and hurt not.
Sometimes a thousand twangling instruments
Will hum about mine ears, and sometimes voices
That, if I then had waked after long sleep,
Will make me sleep again; and then, in dreaming,
The clouds methought would open, and show riches
Ready to drop upon me, that when I waked
I cried to dream again.
Prospero:
You elves of hills, brooks, standing lakes, and groves,
And you that on the sands with printless foot
Do chase the ebbing Neptune, and do fly him
When he comes back; you demi-puppets that
By moonshine do the green sour ringlets make,
Whereof the ewe not bites; and you whose pastime
Is to make midnight mushrumps, that rejoice
To hear the solemn curfew; by whose aid,
Weak masters though you be, I have bedimmed
The noontide sun, called forth the mutinous windsThe noontide sun, called forth the mutinous winds,
And ’twixt the green sea and the azured vault
Set roaring war; to the dread rattling thunder
Have I given fire, and rifted Jove’s stout oak
With his own bolt; the strong-based promontory
Have I made shake, and by the spurs plucked up
The pine and cedar; graves at my command
Have waked their sleepers, oped, and let ’em forth
By my so potent art. But this rough magic
I here abjure, and when I have required
Some heavenly music, which even now I do,
To work mine end upon their senses that
This airy charm is for, I’ll break my staff,
Bury it certain fathoms in the earth,
And deeper than did ever plummet sound
I’ll drown my book.
(Solemn music)
Partita for 8 Voices - Caroline Shaw
[vocalise]
Psychedelics - William Britelle
I. Deep Blue (You Beat Me)
Beneath the pandemonium twilight
lay pink poison thoughts with the hashtag #odeath.
Carried in on a white horse, shown on the zoom cam, rain on the dome.
And in the corridor: bastions of light.
Deep Blue, you beat me.
All the things I’ve gathered are stuck outside the door.
Nothing is a dream in this world, nothing is a dream.
There’s a crack in the dome where the light comes in.
We don’t stand a chance…
II. I am the Watchtower
I am the watchtower I watch for dogs…
I am the Yeti speaking in tones.
Xochietl just ate 13 blue popsicles. She is just a runaway.
Oh Labyrinth, she’s the pride of the Aztecs!
The Yeti is a poltergeist.
I am the watchtower I watch for dogs…
III. My Apothecary Light
I drive into the blackness like in Philip K Dick
and dream the dreams of Mark Sandman
and wear the jeans of Jean Valjean…
Death is a strange bird and I am a Pontiac.
I’ve been branded by seagulls and now you’ve been warned.
There was snow on the beach but it wasn’t love.
Endless desire is the only cure for pain.
Crush Reebok!
In my apothecary light…
A single star casts blame on the earth, its light begs karmic reprimand.
The final Fear is psychedelic like a bird in a plane stray from the flock
Sugarbits, transmogrify me!
So everything is quiet, everything is clean.
The carnage has clear intentions
To all who have been blinded in one eye,
I present to you: the Desert!
Shaw trouve sa voix dans Roomful of Teeth
Pendant ses études de violon à l'université de Yale, Shaw ne cesse de chercher une approche sonore idiosyncratique. Et même au sens propre : une manière d’utiliser sa voix d'alto dans la musique ancienne et moderne. En 2009, elle auditionne donc pour Roomful of Teeth, un tout nouvel ensemble à huit voix qui souhaite aller au-delà de la tradition européenne du chant classique en ouvrant d'autres possibilités vocales. Shaw est admise et s'émerveille de l'ouverture d'esprit de ses collègues. Ils se forment auprès de chanteurs de gorge, de yodleurs, de stars de Broadway, de chanteurs folkloriques géorgiens et sardes et de leaders de death metal, entre autres. De plus, en ne passant des commandes qu'à des compositeurs contemporains, ils se constituent un répertoire unique. Shaw saisit sa chance et, au cours de trois étés entre 2009 et 2011, couche sur papier les quatre mouvements de la Partita for 8 Voices.
Partita for 8 Voices
Chants, chuchotements, murmures, soupirs et voix parlée s’entrechoquent dans la Partita for 8 Voices. Les trois premiers mouvements portent le nom d'une danse baroque (allemande, sarabande et courante) tandis que le dernier est baptisé d’après une forme de variation baroque, la passacaille. Shaw emprunte non seulement à ces danses leurs titres mais aussi certaines caractéristiques, en guise de clin d'œil aux suites de danses de Bach. Comme Bach, Shaw ouvre sa suite avec l'Allemande en 4/4. Le motif court-court-long typique de cette danse se traduit au niveau textuel par un ping-pong entre les chanteurs. La musique purement vocale évolue vers une conversation cacophonique, avant d'être interrompue par un simple accord, comme si l'on pouvait faire cesser le brouhaha de Times Square d’un claquement de doigts. Dans les suites baroques, une allemande est généralement suivie d'une courante, mais Shaw opte pour une Sarabande à la mesure typique de 3/4 afin d’obtenir un tampon doux précédant l'intense Courante. Le dialogue intime et sans paroles entre deux ensembles à quatre voix s’aventure ensuite dans une section B sans mesure avant de se terminer sur un la aigu fortissimo et des techniques géorgiennes de chant ventral. Comme dans la musique baroque, Shaw met l'accent sur le deuxième temps de chaque mesure. La Courante est introduite par des soupirs et des voix gutturales inspirées de la tradition inuite dans les parties ténor et basse. Une version fredonnée à voix douce de l'hymne The Shining Shore n'étouffe que temporairement les voix masculines. La Passacaglia met une fois de plus en évidence la polyvalence de Roomful of Teeth : la même séquence d'accords est chantée trois fois, trois fois dans un style vocal différent. Les voix supérieures se chargent de la mélodie, tandis que les voix graves assurent l’harmonie. Un texte de Sol LeWitt résonne ensuite dans un brouhaha de voix parlées, se transforme avec un grand gémissement en une plainte festive, puis disparaît dans un silence final avec les vibrations métalliques du chant guttural.
Déjà dans l’Allemande Shaw présente les sources textuelles et les techniques vocales qui seront examinées plus tard. Dans la Partita, elle combine son propre texte avec des instructions de danse (« to the side »), des poèmes de T.S. Eliot (« the detail of the pattern is movement ») et des instructions tirées de l'œuvre conceptuelle Wall Drawing 305 de Sol LeWitt (« twelve lines from the midpoint of each of the sides »). Elle aborde la musique ancienne (la suite de danses) en s'inspirant de son propre univers et de son amour de la musique classique, plutôt qu'avec le désir rebelle de la déconstruire. C'est peut-être grâce à cette attitude – et, bien sûr, à sa musique extraordinaire – que Shaw a remporté le Prix Pulitzer de la musique en 2013. À l'âge de 30 ans, elle était la plus jeune compositrice de tous les temps et seulement la cinquième femme à remporter ce prix. Alors qu’elle avait soumis sa candidature pour attirer l'attention sur Roomful of Teeth, qui avait du mal à obtenir des engagements de concert, elle a ainsi lancé sa propre carrière de compositrice. À l'époque, cependant, elle se concentrait sur le violon, était inconnue du grand public et n'avait pas encore obtenu de doctorat d'une université renommée. Ces éléments n'ont cependant pas refroidi le jury qui a clarifié son choix en déclarant : « Shaw change de vitesse si rapidement et si facilement, et chacun de ces virages est inattendu et plein de joie. Cela se passe avec tant de conviction et de cohérence que l'on ne doute jamais de son sens de l'architecture et de sa prévoyance ».
Essay: Caroline Shaw célèbre l'ancien et le nouveau
Made in Greenville
Greenville est loin d'être la plus grande ville de Caroline du Nord (États-Unis), et encore moins un nid de créativité, mais Caroline Shaw (née en 1982) y a néanmoins trouvé sa voie créative dès l'enfance. Sa mère, professeur de violon et chanteuse, a joué un rôle majeur, plaçant tôt les doigts de sa fille sur le manche d'un violon. En chantant dans des chorales locales, Shaw tombe ensuite amoureuse de la musique polyphonique, avec Josquin Desprez en guise de figure de proue. « Il n'y a toujours rien de tel que de chanter avec d'autres personnes. Lorsque j'écris de la musique, j’essaie de me connecter à ce sentiment. » Ses rencontres avec la musique ancienne deviennent de puissants souvenirs. Ainsi, dans Cant voi l'aube (30.9 avec le Kamus Quartet), elle met en musique un texte attribué au trouvère du XIIe siècle Gace Brulé. Il s'agit d'une aubade traditionnelle ou chanson du matin avec une touche de modernité. Shaw admet d’ailleurs qu’elle aurait presque pu être intitulée Walk of Shame.
C’est vers l'âge de dix ans que Shaw compose ses premières petites œuvres, imitant la musique de chambre de Brahms et Mozart. Trente ans plus tard, ses quatuors à cordes débordent d'originalité tout en étant parfois aussi familiers que ceux des grands romantiques. Dans Blueprint (30.9 avec le Kamus Quartet), elle dissèque le plan harmonique du Sixième Quatuor à cordes de Beethoven. Qu'elle utilise Beethoven comme plan ou un texte du XIIe siècle comme page blanche, Shaw part toujours à la recherche de la force poignante des harmonies. Depuis The Evergreen en 2020 (30.9 avec le Kamus Quartet), elle laisse un accord passer à un autre à un rythme délibérément plus lent que dans ses œuvres précédentes. Cette approche ouvre un nouveau chapitre dans la carrière de la compositrice, que les musicologues du futur décriront peut-être comme son passage d'une phase orange à une phase verte, en clin d'œil à l'album Orange et à sa composition Thousandth Orange. Comme si elle jouait avec des cubes, elle cherche une note commune dans une série d'accords, qui est parfois la fondamentale (tonalité), parfois un ornement (septième) ou un contraste (dissonance). Tout au long des quatre mouvements de l'œuvre cinématographique The Evergreen, des séquences d'accords accompagnent Shaw au fil de ses promenades. « Si je devais noter en musique ma promenade dans les bois, que voudrais-je entendre ? Quelle en serait la bande sonore ? » Le premier mouvement, Moss, démarre progressivement avec des notes fragiles qui gagnent en force pour produire une consonance. Le quatuor prend forme. Le sentier forestier apparaît. Les glissandi lents et irrésistibles de Stem se fondent en un coup de tonnerre, après quoi les gouttes de Water tombent du ciel avec des pizzicati aléatoires. Root est un exemple typique de la façon dont Shaw étire les triades en accords plus complexes, puis les réduit à leur base, le noyau sonore.
Le passé n'est jamais bien loin. C’est après avoir entendu le Quatuor à cordes Op. 77 n° 2 de Haydn que Shaw a composé Entr'acte (8.11 avec le Belgian National Orchestra). Cette œuvre de 2011 suit la structure classique d'un menuet et d'un trio tout en la faisant évoluer. « J'aime la façon dont certaines musiques, comme les menuets de l'opus 77, vous emmènent soudain de l'autre côté du miroir d'Alice, dans une sorte de transition absurde, subtile et en Technicolor. Le Belgian National Orchestra interprète la version pour orchestre à cordes d'Entr'acte.
Shaw trouve sa voix dans Roomful of Teeth
Pendant ses études de violon à l'université de Yale, Shaw ne cesse de chercher une approche sonore idiosyncratique. Et même au sens propre : une manière d’utiliser sa voix d'alto dans la musique ancienne et moderne. En 2009, elle auditionne donc pour Roomful of Teeth, un tout nouvel ensemble à huit voix qui souhaite aller au-delà de la tradition européenne du chant classique en ouvrant d'autres possibilités vocales. Shaw est admise et s'émerveille de l'ouverture d'esprit de ses collègues. Ils se forment auprès de chanteurs de gorge, de yodleurs, de stars de Broadway, de chanteurs folkloriques géorgiens et sardes et de leaders de death metal, entre autres. De plus, en ne passant des commandes qu'à des compositeurs contemporains, ils se constituent un répertoire unique. Shaw saisit sa chance et, au cours de trois étés entre 2009 et 2011, couche sur papier les quatre mouvements de la Partita for 8 Voices.
Partita for 8 Voices
Chants, chuchotements, murmures, soupirs et voix parlée s’entrechoquent dans la Partita for 8 Voices (21.11 avec Roomful of Teeth). Les trois premiers mouvements portent le nom d'une danse baroque (allemande, sarabande et courante) tandis que le dernier est baptisé d’après une forme de variation baroque, la passacaille. Shaw emprunte non seulement à ces danses leurs titres mais aussi certaines caractéristiques, en guise de clin d'œil aux suites de danses de Bach. Comme Bach, Shaw ouvre sa suite avec l'Allemande en 4/4. Le motif court-court-long typique de cette danse se traduit au niveau textuel par un ping-pong entre les chanteurs. La musique purement vocale évolue vers une conversation cacophonique, avant d'être interrompue par un simple accord, comme si l'on pouvait faire cesser le brouhaha de Times Square d’un claquement de doigts. Dans les suites baroques, une allemande est généralement suivie d'une courante, mais Shaw opte pour une Sarabande à la mesure typique de 3/4 afin d’obtenir un tampon doux précédant l'intense Courante. Le dialogue intime et sans paroles entre deux ensembles à quatre voix s’aventure ensuite dans une section B sans mesure avant de se terminer sur un la aigu fortissimo et des techniques géorgiennes de chant ventral. Comme dans la musique baroque, Shaw met l'accent sur le deuxième temps de chaque mesure. La Courante est introduite par des soupirs et des voix gutturales inspirées de la tradition inuite dans les parties ténor et basse. Une version fredonnée à voix douce de l'hymne The Shining Shore n'étouffe que temporairement les voix masculines. La Passacaglia met une fois de plus en évidence la polyvalence de Roomful of Teeth : la même séquence d'accords est chantée trois fois, trois fois dans un style vocal différent. Les voix supérieures se chargent de la mélodie, tandis que les voix graves assurent l’harmonie. Un texte de Sol LeWitt résonne ensuite dans un brouhaha de voix parlées, se transforme avec un grand gémissement en une plainte festive, puis disparaît dans un silence final avec les vibrations métalliques du chant guttural.
Déjà dans l’Allemande Shaw présente les sources textuelles et les techniques vocales qui seront examinées plus tard. Dans la Partita, elle combine son propre texte avec des instructions de danse (« to the side »), des poèmes de T.S. Eliot (« the detail of the pattern is movement ») et des instructions tirées de l'œuvre conceptuelle Wall Drawing 305 de Sol LeWitt (« twelve lines from the midpoint of each of the sides »). Elle aborde la musique ancienne (la suite de danses) en s'inspirant de son propre univers et de son amour de la musique classique, plutôt qu'avec le désir rebelle de la déconstruire. C'est peut-être grâce à cette attitude – et, bien sûr, à sa musique extraordinaire – que Shaw a remporté le Prix Pulitzer de la musique en 2013. À l'âge de 30 ans, elle était la plus jeune compositrice de tous les temps et seulement la cinquième femme à remporter ce prix. Alors qu’elle avait soumis sa candidature pour attirer l'attention sur Roomful of Teeth, qui avait du mal à obtenir des engagements de concert, elle a ainsi lancé sa propre carrière de compositrice. À l'époque, cependant, elle se concentrait sur le violon, était inconnue du grand public et n'avait pas encore obtenu de doctorat d'une université renommée. Ces éléments n'ont cependant pas refroidi le jury qui a clarifié son choix en déclarant : « Shaw change de vitesse si rapidement et si facilement, et chacun de ces virages est inattendu et plein de joie. Cela se passe avec tant de conviction et de cohérence que l'on ne doute jamais de son sens de l'architecture et de sa prévoyance ».
Percussions sur pots de fleurs, Schubert et steeldrums
Pourtant, même avant son Prix Pulitzer, Shaw écrivait des compositions pour d'autres ensembles. Le quatuor de percussions Sõ Percussion peut se considérer comme l'un de ses premiers « clients » grâce à Taxidermy (2012), qui recourt même à l’utilisation de pots de fleurs.
« Il y a quelque chose de spécial chez Sõ Percussion, dans leur attitude et leur approche idiosyncratique et soigneuse. Et le fait qu’ils soient prêts à jouer sur de simples pots de fleurs ».
À Bozar (le 26 novembre), ils présenteront leur dernier album, Rectangles and Circumstance, ainsi qu'une sélection de leur album Let the Soil Play Its Simple Part, récompensé par un Grammy Award. Dans le processus d'écriture, les musiciens se partagent les responsabilités : Shaw choisit ou écrit les paroles, le quatuor fait de même. Shaw fournit les accords ou la mélodie, le quatuor la partie percussion, ou vice versa. Vous l'aurez compris, Rectangles penche plus vers la musique pop que vers la musique classique, plus vers Laura Marling que vers Monteverdi. L'attrait des dix chansons réside dans leurs multiples couches et leur caractère inattendu. Votre attention se pose tantôt sur la (les) voix familière(s) de Shaw, tantôt sur des synthés de basse ou des échantillons instrumentaux. To Music est une interprétation, ou plutôt une reprise, de la mélodie An die Musik de Schubert, avec steeldrum ! Terminer par un hommage audacieux à un maître classique qui avait lui-même rendu hommage à la musique en écrivant cette œuvre ? La boucle est bouclée.
Une bibliothèque et une crucifixion
Caroline Shaw fait une troisième et dernière halte à Bozar cette saison aux côtés de Gabriel Kahane, un auteur-compositeur américain ayant lui aussi une prédilection pour la frontière entre le classique et la pop (le 12 mars). Leur amitié musicale a engendré le cycle de chansons Hexagons, inspiré par La Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges, l'énigmatique histoire de 1939. Dans cette bibliothèque infinie, on peut trouver n'importe quel livre. Elle contient toutes les connaissances du monde, disposées dans des chambres hexagonales. Pourtant, les personnages ne deviennent pas beaucoup plus sages et se heurtent aux limites de leur compréhension humaine. Shaw et Kahane vous invitent à réfléchir aux joies, aux peines, à l'émerveillement et à la perplexité que suscite une vie sursaturée d'informations.
Une autre œuvre de Shaw qui sera entendue au Bozar cette saison est To The Hands (le 29 mai). Le Vlaams Radiokoor et Il Gardellino juxtaposent avec pertinence cette œuvre pour cordes et voix à Membra Jesu Nostri de Buxtehude, qui chante les parties du corps du Christ cloué sur la croix. En 2016, le chœur de chambre américain The Crossing a invité sept compositeurs à fournir une contrepartie contemporaine aux cantates de ce cycle poignant de Buxtehude. Shaw a signé six courts chorals et s'est plongée dans la douleur d’autrui. To the Hands prend naissance dans l'univers sonore du 17e siècle de Buxtehude. Celui-ci est élargi, coloré et décomposé au fur et à mesure que l'idée centrale de la pièce se précise : la souffrance de ceux qui appellent à l'aide dans le monde entier, ainsi que notre rôle et notre responsabilité dans cette crise mondiale et locale », explique-t-elle.
Guillaume De Grieve (traduction: Judith Hoorens)
Roomful of Teeth
Roomful of Teeth est un ensemble vocal lauréat d'un Grammy qui se consacre au potentiel expressif de la voix humaine. En collaborant avec des artistes, des penseurs et des leaders de la communauté, le groupe cherche à élever et à amplifier les voix anciennes et nouvelles tout en créant et en interprétant une musique aventureuse. Fondé en 2009 par Brad Wells, le groupe a vu le jour au Massachusetts Museum of Contemporary Art (MASS MoCA), où ses membres ont étudié avec des chanteurs et des professeurs parmi les plus réputés. À travers l'expérimentation, le groupe a appris que les limites de la voix humaine ne sont jamais ce qu'elles semblent être, et que les règles peuvent être contournées, voire brisées.
Roomful of Teeth est Estelí Gomez, Mingjia Chen, Eliza Bagg, Tynan Davis,Jodie Landau, Steven Bradshaw, Thomas McCargar & Cameron Beauchamp
Cameron Beauchamp: direction artistique Amanda Crider: direction générale Randall Squires: technique du son
Alicia Walter: tour management
Caroline Shaw est sans conteste l’une des compositrices les plus influentes du classique contemporain, fusionnant le style baroque, la pop et la musique moderniste en un tout idiosyncrasique. Cette saison, Bozar lui consacre un portrait à travers ses quatuors à cordes, son travail vocal et percussif ainsi que son amour de la musique ancienne. À trois reprises, elle sera présente à Bruxelles pour accompagner le Kamus Quartet, Sõ Percussion et Gabriel Kahane. Roomful of Teeth, le Belgian National Orchestra, Il Gardellino et le Vlaams Radiokoor interprètent également ses œuvres.
Meet the Artist: Caroline Shaw
25 Nov.'24 - 19:30 - Terarken, Bozar
Caroline Shaw & Sõ Percussion
26 Nov.'24 - 20:00 - Henry Le Boeuf Hall, Bozar
Caroline Shaw & Gabriel Kahane
12 Mar.'25 - 20:30 – Terarken, Bozar
Il Gardellino & Vlaams Radiokoor
29 Mai'25 - 20:00 - Church of St. James on Coudenberg
Bozar Maecenas
Prince et Princesse de Chimay • Barones Michèle Galle-Sioen • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter
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