Communiqué de presse

Publié le 14 novembre '24

Monira Al Qadiri : The Archaeology of Beasts

Ouverture de l’exposition ‘The Archaeology of Beasts : œuvres inédites de Monira Al Qadiri présentées à Bozar

© Monira Al Qadiri

Du 14 novembre 2024 au 9 mars 2025, Bozar (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) présente la première exposition solo de l’artiste visuelle koweïtienne Monira Al Qadiri en Belgique. L’exposition intitulée The Archaeology of Beasts présente quatre nouvelles réalisations de l'artiste, comprenant deux sculptures, une installation vidéo immersive et une œuvre de réalité virtuelle. 

L’artiste de renommée internationale Monira Al Qadiri est connue pour son approche à la fois ludique et subversive du déclin de l’histoire culturelle, du changement des topographies et des écosystèmes dû à l’extractivisme des pays pétroliers dans la région du Golfe. Les quatre œuvres inédites présentées à Bozar inaugurent une nouvelle orientation esthétique dans l’œuvre d’Al Qadiri qui examine pour la première fois les mythes et l'histoire de l'Égypte ancienne. L’artiste n’y poursuit pas moins son exploration des relations complexes et si fragiles entre la nature, les animaux et les humains, ainsi que des différentes luttes de pouvoir qui en découlent. 

Au milieu de la rotonde royale du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles se trouve Automaton, qui consiste en deux sculptures de fabrication industrielle représentant des divinités animales égyptiennes anthropomorphes Khnoum et Anubis, qui se font face tout en tournant silencieusement. Archaeology of Beasts est une installation vidéo immersive à quatre canaux, dans laquelle l'artiste donne vie à des centaines de souvenirs de dieux et de pharaons trouvés dans les marchés à ciel ouvert de Louxor.  Dans l'installation vidéo à trois canaux Book of the Dead, nous sommes témoins d'une conversation existentielle entre le pharaon Akhenaton et six dieux qui se remplacent l’un l’autre au fur et à mesure: Hathor, Babi, Sekhmet, Seth, Horus et Sobek. Aaru : After Lament est la première œuvre de réalité virtuelle d'Al Qadiri, une installation de blé doré. Elle nous transporte dans l'au-delà de l'Égypte ancienne, où l'artiste nous invite à réfléchir sur le travail, la perte et le cercle de la vie. 

Des figures hyper-masculines, des corps déformés et des formes animales anthropomorphes dominent les œuvres d’Al Qadiri. En se concentrant sur les transformations de l'humain en animal et en divin, l’artiste s'interroge sur qui peut être qualifié d'humain (et qui peut être qualifié de bête).  

Al Qadiri : « Quand est-on un humain ? Quand est-on une bête ? Et la vie d'une personne peut-elle valoir plus que celle d'une autre ? Ces questions sont particulièrement pertinentes aujourd'hui, à l'heure où nous prenons conscience de la nécessité de repenser notre rapport à la nature et d'abandonner l'idée que nous pouvons la contrôler. »   

Elle fait ainsi allusion aux questions de l'altérité et, en fin de compte, aux méthodes de domination que l’humanité s’est infligée à elle-même pendant des siècles. L'Égypte ancienne a souvent été un lieu de projection d'idéaux culturels, tout en étant façonnée par la géopolitique. Par exemple, la chasse aux trésors qui a été entreprise en Égypte au début du XIXe siècle a été le théâtre d’une rivalité entre la France et l'Angleterre pour affirmer symboliquement leur présence et leur mainmise commerciale sur les peuples et les territoires de la région. À la lumière des événements actuels au Moyen-Orient, l'imagerie égyptienne qu'Al Qadiri utilise dans son travail, avec toute la signification et l'histoire qu'elle recèle, met subtilement l'accent sur la vanité humaine et constitue un appel urgent au respect de toute vie. 

Al Qadiri ajoute : « Je me suis récemment beaucoup intéressée à la relation entre l'homme et l'animal. Nous vivons tellement cloisonnés que nous sommes déconcertés lorsque des animaux "sauvages" apparaissent soudainement dans nos rues et nos rivières en pleine pandémie. Comme si nous avions complètement oublié qu'ils vivaient dans le même monde. La différence avec l'Égypte ancienne ne pourrait être plus grande, car à cette époque, les animaux y étaient encore représentés comme des dieux. »